Bourdelle dans l'atelier de peinture vers 1897 © Musée Bourdelle / Roger Viollet

UNE NOUVELLE SCENOGRAPHIE, UN NOUVEL ACCROCHAGE

Tout comme le premier atelier de sculpture de Bourdelle - qui est désormais le cœur du musée - l'atelier de peinture offre un témoignage irremplaçable sur le monde intérieur de l'artiste. Les recherches iconographiques menées dans le fonds de photographies anciennes du musée nous éclairent quant à la disposition initiale de l'atelier de peinture : au milieu du bric-à-brac du mobilier chiné chez les brocanteurs, Bourdelle exposait ses dernières créations - sculptées ou peintes - aux visiteurs et acheteurs potentiels. Elles partageaient les cimaises de l'atelier avec la collection personnelle de Bourdelle, peintures et terres cuites antiques dénichées chez les antiquaires.


C'est la charge poétique de ces reliques qu'il convient de restituer au visiteur, invité à pénétrer dans l'intimité de l'atelier de peinture. Conduite à compter du mois d'octobre 2013, la campagne de réfection sera assez fine pour s'accorder à la voix des choses.


Les huit pièces du mobilier - le lit de repos où Bourdelle aimait à s'étendre, le secrétaire à abattant sur lequel il écrivait, le meuble à pastel... - seront dépoussiérées en respectant la patine du temps.

La collection de terres cuites antiques de Bourdelle sera restaurée et présentée comme à l'origine dans la bibliothèque-vitrine, équipée pour l'occasion d'un petit matériel électrique.

Les cimaises de l'atelier retrouveront la densité de leur accrochage, soit trente peintures et un pastel. Les toiles que Bourdelle aimait - un dessus-de porte du XVIIIe siècle, un portrait de femme attribué à Amaury Duval - seront restaurées. Elles feront pendant aux huiles peintes par Bourdelle, immortalisant les proches, la famille, les deux femmes aimées...
Les tentures murales seront déposées, les murs retrouveront la tonalité de leur peinture prune.

Les tissus d'ameublement seront remplacés par un choix d'étoffes accordées aux teintes du fané. Les sources d'éclairage indirectes seront privilégiées pour mieux recréer l'atmosphère d'intimité.


Contrepoint essentiel à la géographie poétique du musée-atelier, la réfection de l'atelier de peinture renforce la cohérence du nouvel accrochage des collections permanentes. Elle s'inscrit dans la réflexion menée par la conservation et l'action culturelle sur la vie et la pratique de l'atelier d'artiste - lieu d'enracinement, de transmission, de création « à demeure ».

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