Douzième étude

  • Antoine Bourdelle (1861-1929)

  • 74,5 x 104,6 cm
  • Vers 1913
  • Plume et encre de Chine, aquarelle sur papier vélin
  • MB d.1368
  • Paris, musée Bourdelle

En janvier 1910, Bourdelle est appelé par Gabriel Thomas - le premier commanditaire de l'Héraklès archer - sur le chantier du théâtre des Champs-Elysées.
Chargé de réaliser le décor sculpté du théâtre, Bourdelle s'improvise bientôt architecte et se révèle un puissant maître d'oeuvre. En décembre 1910, à la demande de Gabriel Thomas, il reprend une première fois le dessin de la façade, corrige le plan de l'architecte Henry van de Velde (1863-1957), jugé trop « germanique ».
Au début de l'année 1911, les frères Perret, Auguste (1874-1956) et Gustave (1876-1952), sont sollicités comme entrepreneurs pour la réalisation du gros œuvre du bâtiment. Ils proposent un contre-projet plus audacieux, fondé sur une structure en béton armé. Henry van de Velde est évincé. Le 20 juin 1911, Auguste Perret présente la maquette d'une façade en béton armé plaquée de marbre, en partie aveugle. Le conseil d'administration du théâtre la récuse. Une fois de plus, Gabriel Thomas appelle Bourdelle en renfort.
En trois semaines et treize esquisses, il retravaille le projet. Exécutée au Té et à l'équerre, rendue à la gouache, cette douzième étude prouve la capacité innée du sculpteur à « tout concevoir en monument ». Le parti horizontal de Perret est abandonné au profit d'un rythme vertical, scandé de hautes baies.
Le dessin des décors en haut-relief de la frise ne répond pas encore aux choix définitifs de Bourdelle. Mais les figures de ces métopes épousent déjà les lignes de l'architecture. Aucune saillie, aucune ombre ne vient
« offusquer la muraille lisse », ni masquer l'ossature.
Où l'on voit que le temple de la musique est aussi un temple grec - une interprétation moderne du Parthénon.

Auteur de la notice : Jérôme Godeau