Antoine Bourdelle (1861-1929) les mains posées sur le "Beethoven". Photographie anonyme. Paris, photo (c) musée Bourdelle / Paris musées

LANCEMENT LE 19 SEPTEMBRE 2020 A L'OCCASION DES JOURNEES EUROPEENNES DU PATRIMOINE 2020

En 2020, Beethoven (1870-1827) aura vu le jour il y a tout juste 250 ans. Un quart de millénaire. Cet anniversaire donnera lieu à de nombreuses commémorations européennes, allemandes comme hexagonales. Il revient au musée Bourdelle de se saisir de cette occasion puisque le Montalbanais est assurément l’un des artistes ayant été le plus influencé par la musique, mais aussi par la figure – au sens physique et symbolique –, du compositeur allemand. Fondée sur une identification, cette hantise se traduit par un corpus pléthorique d’œuvres hétérogènes : Bourdelle a réservé quelque quatre-vingts sculptures à Beethoven, mais aussi une vingtaine de dessins et de photographies.

Beethoven est un artiste total, maudit, frappé par une surdité que console et sublime une musique enfiévrée. Avec lui, depuis lui, les créateurs auscultent les passions intimes et les noirs profonds, les tourments et les visions, la joie électrique comme l’angoisse métaphysique. Cet avènement du sensible, qui préfigure le romantisme puis bientôt l’expressionnisme, obsède les peintres comme les sculpteurs, tous ces explorateurs de l’âme qui, de l’Autriche au Japon, de la Suède aux États-Unis, revendiquent sans exception la tutelle esthétique du compositeur.Sous le signe de Beethoven, et notamment de son masque pris « sur le vif » – ce moulage fascinant, réalisé sur le visage du compositeur de son vivant –, les artistes cherchent leur voie, souvent intérieure.Dès ses années de formation toulousaines, alors qu’il n’a pas vingt ans, Antoine Bourdelle (1861-1929) découvre la musique de Beethoven et s’identifie tôt à « l’âme du maître », auquel l’apparentent sa coiffure tempétueuse, sa face sombre et ses hautes aspirations. Si le sculpteur sacrifie parfois aux mondanités pour aller au concert, il confie écouter Beethoven  « pleinement de mémoire », loin de « l’audition constante », préférant l’approcher par les lectures, les croquis, les photographies et, plus encore, les quelque quatre-vingts effigies sculptées du compositeur qu’il réalise de 1888 jusqu’à 1929, l’année de sa mort, comme autant de variations autour d’un leitmotiv entêtant.Peuplé de sculptures, de photographies, de dessins et d’archives, le présent accrochage illustre l’histoire d’une obsession, peut-être même d’une filiation, si l’on veut bien relire l’aveu de Bourdelle lui-même : « À mon tour, avec une préméditation tenace, j’ai pris la parole après lui. »

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