À l’occasion de la récente donation par Michel Delluc d’un ensemble de photographies réalisé lors de l’exposition de Claude Rutault au musée Bourdelle, intitulée « Les toiles et l’archer » (2005), le musée met en lumière le travail sensible et exigeant de cet artiste photographe. En écho, une sélection de clichés et de sculptures évoque le travail autour de la draperie mené par Bourdelle, qui pratiqua abondamment la photographie au tournant du XXe siècle. Cet accrochage temporaire est présenté dans le couloir Portzamparc du musée.

L’Œil DE MICHEL DELLUC

À l’occasion de la récente donation par Michel Delluc d’un ensemble de photographies réalisé lors de l’intervention de Claude Rutault au musée Bourdelle, intitulée « Les toiles et l’archer » (2005), le musée met en lumière le travail sensible et exigeant de cet artiste photographe.

Né en 1936, diplômé des Arts Décoratifs de Nice et des Beaux-Arts de Paris, Michel Delluc mène une double carrière d’artiste et de photojournaliste.
Au cours des années 1960, il conçoit des oeuvres photographiques en volume. Lors de sa participation au Salon de Mai de 1967 à la Havane, où il présente une sculpture-objet, Le drapeau cubain, il découvre le reportage photographique. Il pratique le photojournalisme pendant presque quarante ans, entre 1972 et 1978 pour l’agence de presse VIVA puis, de 1979 à 2006, pour F Magazine, Lire, L’Expansion. Il cofonde l’association Voir et Pouvoir en 1979, organisatrice des premières Rencontres du photojournalisme à Amiens.
Depuis les années 1960, il rend également compte de la scène culturelle parisienne et photographie les réalisations d’amis artistes tels que César ou Patrick Saytour, membre du groupe Supports/Surfaces. En 1981, il dresse le portrait de la cantatrice Christiane Eda-Pierre lors de répétions et cours de chants puis participe en 1982 aux courts métrages du documentariste Patrick Barbéris sur les peintres Claude Viallat et Edouard Pignon.
En parallèle, il mène des recherches personnelles photographiques et graphiques autour du motif du pli : Le Jeu du Radeau (1991-2000) ; Lapidations (à partir de 2000) ; Les Suaires (2005) puis Territoires 1 (2006) ; Territoires 2 (2018).

DELLUC - RUTAULT - BOURDELLE : MISES EN ABYME

La photographie, enregistrant l’instant, est mémoire d’une oeuvre qui disparaît, soit à l’issue de son exposition, soit par la volonté du créateur. Le photographe, face à l’oeuvre, est dans un premier temps contemplatif ; il cherche ensuite à l’appréhender dans sa totalité. Il travaille sur les distances, construit un espace de lecture, décide de nouvelles dimensions. L’enregistrement est une ré-interprétation. La photographie, empreinte de l’oeuvre première, est ainsi le révélateur d’un second original :

Michel Delluc définit en ces termes son positionnement qui assume un caractère subjectif, fruit de longs échanges avec les artistes. Dans l’exposition « Claude Rutault – Les toiles et l’archer », il fixe par l’image avec justesse le dialogue instauré entre les oeuvres du plasticien et celles de Bourdelle.

 

En écho, une sélection de clichés et de sculptures évoque le travail autour de la draperie mené par Bourdelle, qui pratiqua abondamment la photographie au tournant du XXe siècle. La prise de vue lui permet en particulier de capturer l’état temporaire d’une oeuvre en cours d’élaboration, de fixer les attitudes d’un modèle, ou encore d’explorer la plasticité et le déploiement dans l’espace du drapé par des mises en scène de modèles ou de sa propre image. 

 

Légendes des photographies de gauche à droite : 
Anonyme ou attribué à Antoine Bourdelle, Stéphanie Van Parys posant drapée près du torse de Pallas.Vers 1905. Tirage gélatino-argentique développé. MBPH0324 Paris, Musée Bourdelle
Anonyme, Antoine Bourdelle drapé à l'orientale, [1897]. Cyanotype. MBPH0220 Paris, musée Bourdelle
Anonyme ou attribué à Antoine Bourdelle, Jeune femme près du marbre de Pallas de Bourdelle. Vers 1905. Tirage au gélatino-bromure d'argent. MBPH0127 Paris, Musée Bourdelle

Une sélection de sculptures révèle la variété de ses recherches : cannelé, cintré ou flottant, le plissé vient épouser, dissimuler ou protéger le corps.

 

Légendes des sculptures de gauche à droite :
Antoine Bourdelle, La Parisienne, 1907. Bronze, fondu par Clementi (1989). MBBR.1819, Paris, musée Bourdelle
Antoine Bourdelle, Sainte Barbe, 1916, bronze, fondu par Rudier (1933). MBBR.2010, Paris, Musée Bourdelle
Antoine Bourdelle, Le Jeu du voile,1910. Bronze, fondu par Godard (1975)0. MBBR.1348, Paris, Musée Bourdelle

ACCROCHAGE DANS LE COULOIR PORTZAMPARC
A PARTIR DU 1ER JUILLET 2022, jusqu'à la fermeture totale du musée pour aménagements et travaux le 21 août 2022
De 10h à 18h du mardi au dimanche - Fermé le lundi, ouvert le 14 juillet et le 15 août 2022.
Musée Bourdelle, 18 rue Antoine-Bourdelle 75015 Paris 
Pour préparer votre visite : Informations pratiques | Musée Bourdelle (paris.fr)

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