DU 13 SEPTEMBRE AU 31 DECEMBRE 2018

Dans le cadre des Commémorations nationales 2018, le musée Bourdelle  réalise un accrochage  exceptionnel  d’archives, de dessin, d’ouvrages et de photographies en hommage aux 150 ans de la naissance de l’écrivain André Suarès (1868-1948), grand ami de Bourdelle. Inauguré  à  l'occasion des Journées Européennes du patrimoine 2018 au musée Bourdelle, cet accrochage inédit  sera présenté  jusqu’à la fin de l’année.

 

ANTOINE BOURDELLE ET ANDRÉ SUARÈS (1868-1948)

DE L’AMITIÉ
Bourdelle découvre les écrits de l’homme de lettres André Suarès grâce à l’amateur d’art Gabriel Thomas qui lui offre un exemplaire de Voici l’homme en 1910. Il fait sa connaissance beaucoup plus tard, au début des années vingt. « Le verbe peint, sculpté, architecturé compte bien moins d’initiés que l’écriture […]. C’est parce que vous architecturez l’âme que vos lecteurs spectateurs entrent peu. » lui écrit Bourdelle après la publication de Poète tragique (1921). L’écrivain lui répond : « Soyez content, Bourdelle : vous avez été le seul, avec deux autres, à lire Poète Tragique et à l’aimer. […] Vous m’avez fait du bien, et je veux pourtant vous le dire. »Une profonde amitié et une admiration réciproque lient les deux hommes dont témoigne leur féconde correspondance, publiée en 1977. Bourdelle lui offre une Bacchante ainsi qu’une Tête d’Apollon et projette de réaliser son buste. L’écrivain lui dédicace chacun de ses ouvrages. Après la mort de Bourdelle, Suarès apportera son soutien à sa veuve Cléopâtre : échanges de lettres et envoi d’ouvrages se poursuivront. La bibliothèque d’Antoine et Cléopâtre Bourdelle compte une cinquantaine d’ouvrages de Suarès. 

POÈME DU TEMPS QUI MEURT : UNE ŒUVRE DE COLLABORATION 
« Je vous confierai bientôt le Poème du temps qui meurt. […] vous n’avez qu’à me donner quelques-uns de vos dessins, Centaures et Chimères. Il n’importe aucunement que le dessin suive la lettre du texte ; ni que l’un et l’autre se rangent sous le même titre. Il suffit que vos formes soient d’un rythme magnifique, toutes nourries de pensée et de poésie  » écrit André Suarès le 17 septembre 1923 puis bien plus tard, en 1927 : « Je me suis occupé de notre livre : j’ai fait le choix nécessaire des planches que je vous propose. »
De la longue amitié qui unit les deux hommes, nait un projet de collaboration initié par l’écrivain, dont la gestation prendra cinq années. Le recueil de poésie est publié en 1928.
Poèmes et dessins dialoguent dans une parfaite osmose. Imprimés en lettres majuscules, les vers libres de Suarès s’inscrivent autour ou sous les bois gravés réalisés par Jules-Léon Perrichon (1866-1946) d’après les compositions à la plume et à l’aquarelle de Bourdelle.
Le choix typographique auquel l’éditeur Claude Aveline a probablement contribué, participe à la construction architecturée de l’ouvrage.

LES ADIEUX 
À partir de mai 1929, Bourdelle, très malade, s’installe avec son épouse Cléopâtre au Vésinet, dans une maison prêtée par le fondeur Eugène Rudier. De rares amis peuvent lui rendre visite dont l’écrivain André Suarès qui lui joue à cette occasion des morceaux de Bach et Beethoven. Lettres et photographies témoignent de ces rares rencontres.
«  Enfin j’ai de vos nouvelles, cher Euripide […]. J’irai vous faire de la musique, si elle peut vous bercer le cœur et vous distraire » écrit Suarès le 16 juillet 1929 puis le 14 août 1929 : « Samedi […], je ferai mon apparition dans la gare de ce doux Vésinet. Si vous faites la sieste, j’attendrai votre réveil […]. Je vous annonce aussi la visite du Grand Vieux Beethoven, prophète de la Musique. »
Bourdelle s’éteint le 1er octobre 1929. Suarès publie quelques jours plus tard dans le journal culturel Comoedia un émouvant hommage « Adieu à Bourdelle ». Il préfacera les catalogues des premières expositions parisiennes organisées après la mort de l’artiste, celles de la galerie Vignon en 1930 et du musée de l’Orangerie en 1931.



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